Brard 1821/II

Cyprien-Prosper Brard, Minéralogie appliquée aux Arts, ou Histoire des Minéraux qui sont employés dans l’agriculture, l’économie domestique, la médecine ; la fabrication des sels, des combustibles et des métaux ; l’architecture et la décoration ; la peinture et le dessin ; les arts mécaniques ; la bijouterie et la joaillerie. Ouvrage destiné aux Artistes, Fabricans et Entrepreneurs II, Paris [F. G. Levrault] 1821.


SIXIÈME DIVISION.


MINÉRAUX EMPLOYÉS DANS LE DESSIN,
LA PEINTURE ET LA LITHOGRAPHIE.

. . .

pp. 450–477

II. TERRES ET OCRES.

En parlant des badigeons, à la fin de la division consacrée à l’architecture, j’ai fait remarquer que la chaux seule ou colorée est employée à peindre l’intérieur et l’extérieur des édifices ; j’ai même insisté sur les avantages qui résultent de cette pratique, partout où elle est mise en usage ; mais, comme il serait indigne de confondre les badigeons avec la peinture, j’ai cru devoir les en séparer soigneusement ; cependant plusieurs des terres et des ocres qui vont nous occuper, sont employés dans tous les genres de peinture, depuis la fresque la plus grossière jusqu’aux miniatures les plus précieuses et les mieux terminées.

1. DE LA CRAIE.

(Vulgairement blanc de Troyes, blanc de Champagne, blanc de Meudon, blanc d’Espagne, etc.)

La craie, comme nous venons de le dire en parlant des crayons blancs, est une pierre calcaire friable qui se fait remarquer par sa belle couleur blanche et par la propriété dont elle jouit de laisser ses traces sur tous les corps qu’elle touche.

La craie blanche, la seule qui nous intéresse pour l’instant, forme le sol de plusieurs contrées fort étendues ; elle abonde dans la Gallicie, la Pologne, l’Angleterre, l’île de Malte et la France ; la Champagne, une partie de la Normandie et les environs de Paris en renferment des dépôts immenses, tels que les bancs de Bougival et de Meudon.

La craie s’emploie dans les arts à l’état naturel et à l’état de craie lavée. Dans le premier cas, elle se vend en masses carrées ; dans le second, sous la forme de petits cylindres qui portent le nom de pains de blanc d’Espagne, ou de blanc de Troyes. A l’état naturel, la craie ne sert guère qu’à la fabrication des crayons blancs, dont nous avons parlé ci-dessus ; mais comme elle est d’un usage infiniment plus étendu, quand elle est lavée et préparée, j’insisterai davantage sur cette partie de son histoire.

La craie, se trouvant en bancs fort épais et fort étendus, qui ne sont ordinairement divisés que par des lits horizontaux de silex, permet qu’on en fasse l’extraction par galeries souterraines d’une assez grande largeur et d’une étendue très-considérable ; la consistance de sa masse permet ce mode d’exploitation et n’exige aucun boisage.

On tire donc la craie en masses, au moyen du pic, et on la concasse avec des marteaux de fer armés d’un long manche ; on l’humecte d’abord avec peu d’eau, et on la délaye ensuite dans des tonneaux destinés à cet usage ; on laisse reposer environ pendant deux heures cette espèce de bouillie claire, et lorsque l’on juge que le sable ou les parties grossières sont précipitées, on décante l’eau laiteuse qui occupe la partie supérieure dans d’autres tonneaux où elle dépose la craie fine qu’elle tenait en suspension. Devenue tout-à-fait claire, on fait écouler cette eau, on laisse épaissir la craie déposée jusqu’à ce qu’elle ait pris assez de corps pour être manipulée, et, arrivée à ce point, on la plaque par grosses poignées contre les parois des galeries. Là, elle se laisse soutirer son humidité surabondante, et prend, en peu d’instans, toute la consistance nécessaire pour que l’on puisse la rouler entre les mains et en former des cylindres que l’on couche les uns à côté des autres sous des petits hangars couverts où ils achèvent ainsi rangés de se sécher et de se consolider entièrement. Telles sont à peu près les manipulations que l’on fait subir au blanc de Meudon et au blanc de Bougival. Quant à celui que l’on prépare aux environs de Troyes, il est soumis à des préparations plus compliquées et plus longues, dont Desmarets père nous a laissé une bonne description.

La pierre calcaire avec laquelle on prépare le blanc de Troyes (1) se trouve en grande abondance au village de Villeloup, à quatre lieues de Troyes. On réduit cette terre en bouillie par le moyen d’un moulin analogue à ceux dont on se sert pour broyer la moutarde, et composé comme eux de deux meules de seize à dix-sept pouces de diamètre ; lorsque la craie est sèche, on en forme des pains dont la figure est celle d’un parallélipipède émoussé sur ses angles et ses arêtes. Les plus gros n’excèdent pas trois livres. Pour le détail, on en forme de plus petits qui ont la forme de mamelles.

(1) Annales de Chimie, t. XXVI.

À Cavereau, près d’Orléans, on est dans l’usage, après avoir pétri la craie, d’en former des rouleaux de la grosseur du bras, que l’on coupe ensuite par tronçons de quatre à cinq pouces de longueur, dont on forme des pains carrés en les frappant sur une planche. Cette craie ainsi préparée se nomme grand blanc ou blanc carré. Il y en a une autre sorte, qu’on appelle petit blanc, ou blanc rond. Ce dernier est plus fin et plus estimé.

La craie non lavée contient :

Silice . . . 19
Magnésie . . . 11
Chaux . . . 70
 100

Et quand elle est lavée, et réduite en pains, elle contient :

Silice . . .  4
Magnésie . . .  8
Chaux . . . 88
 100

On voit donc par-là que la craie lavée est beaucoup plus pure que celle qui ne l’est pas, aussi se sert-on généralement de celle qui porte le nom de blanc d’Espagne, ou de blanc de Troyes. Mais les consommateurs ne le confondent point, et ils y reconnaissent des qualités différentes.

Le blanc de Montereau, en Bourgogne, est employé pour broyer les couleurs ; il ne jaunit pas comme le blanc d’Espagne, et est presque aussi tendre ; il ne se vend que 1 fr. 50 c., ou 1 fr. 75 c. le quintal, rendu à Paris (1).

(1) Tout ce qui tient aux prix et aux usages des terres et des ocres m’a été communiqué par M. Gohin, l’un des plus instruits et des principaux fabricans de couleurs de Paris.

Les blancs d’Espagne, de Bougival, de Troyes et de Meudon, qui sont des craies lavées, servent à faire les fonds des papiers peints de tenture, à blanchir les plafonds, à couvrir les bois destinés à recevoir de la dorure, à former, avec de la colle, la pâte des ornemens des bordures dorées des tableaux, à varier la nuance du gris à la détrempe, à blanchir les serges, la buffeterie blanche des soldats, à nettoyer l’argenterie, à faire le mastic de vitrier, etc. (Consultez la table.)

Cent pains de blancs de Meudon, pesant environ quatre-vingts livres, coûtent à Paris 8 ou 10 fr.

On assure que le nom de craie vient de ce que les anciens tiraient une grande quantité de cette pierre de l’île de Crète ; mais des observations critiques prouvent assez bien que la craie des anciens était une substance argileuse qui leur servait à dégraisser les draps, à la manière de nos terres à foulon. Leur mélinum, qui était une terre fine et blanche, provenant de l’île de Milo, et dont ils se servaient pour peindre, pourrait bien être notre craie. De nos jours, nous donnons aussi le nom de craie à des substances absolument différentes, telles que la craie de Briançon, la craie rouge, la craie noire, etc.

2. DES OCRES.

Les ocres ou les bols sont des substances d’apparence argileuse qui sont colorées en jaune ou en rouge par une certaine quantité de fer qui devient sensible à l’aimant quand on calcine ces terres, de manière à les faire passer au rouge brun, et même au noir. Ces substances ferrugineuses peuvent donc être considérées comme des minerais de fer peu riches en métal, passant de proche en proche à l’état de minerai proprement dit par la seule addition d’une plus grande proportion de fer.

Les ocres se divisent dans l’eau, mais n’y forment point de pâte longue, et leur avidité pour ce liquide est telle qu’ils happent à la langue en s’y attachant fortement. Le grain des ocres est généralement fin et serré ; leur toucher est sec, mais quelquefois doux et savonneux. Le frottement de l’ongle les polit jusqu’à un certain point et leur communique une surface luisante. Tous ces caractères, qui sont à peu près les mêmes que ceux de certaines argiles, contrastent en quelque sorte avec les produits de l’analyse, puisque Mérat-Guillot a trouvé dans l’ocre jaune de Bitry, département de la Nièvre, qui peut servir de type, moins de deux centièmes d’alumine :

Silice . . . 92,25
Alumine . . .  1,91
Chaux . . .  3,23
Fer oxydé . . .  2,61
 100,00

Il semblerait donc convenable de cesser de considérer les ocres comme des argiles, puisque la silice l’emporte d’une manière si disproportionnée dans leur composition ; mais il est vrai de dire que l’argile n’y est pas toujours en si petite quantité, et qu’il y a probablement des passages insensibles qui conduisent des ocres siliceux aux ocres argileux.

Les ocres rouges sont beaucoup plus rares dans la nature que les ocres jaunes : la plupart de ceux qui sont répandus dans le commerce sont des préparations artificielles ou des ocres jaunes calcinés ; l’on a même été jusqu’à en nier l’existence, cependant il s’en trouve de naturellement rouges, et qui passent insensiblement à l’état de sanguine, mais comme ils sont fort rares, il paraît qu’on ne les exploite dans aucun lieu connu. Voici des exemples choisis parmi les ocres les plus célèbres :

1. Ocre ou bol rouge d’Arménie.

Il est d’un rouge pâle et a toujours été employé beaucoup plus en médecine qu’en peinture : on assure qu’il entre encore dans la composition de la thériaque de Venise. (Voyez 3e division, l’histoire des minéraux qui sont employés dans la médecine et l’art vétérinaire.)

2. Ocre rouge de Bucaros, province d’Alentejo, en Portugal.

Il est d’un rouge orangé et s’emploie pour fabriquer des poteries particulières. La vivacité de sa couleur permettrait cependant aussi de l’employer en peinture.

3. Ocre rouge d’Afrique.

Le naturaliste Lalande fils, qui vient d’enrichir le Muséum d’histoire naturelle de Paris d’une collection si belle et si nombreuse des produits du Cap et de l’intérieur de l’Afrique, a trouvé à l’embouchure de Grootvitz-riviere une grande exploitation d’ocre rouge faite par les Cafres : ces hommes sauvages s’en servent pour se peindre le corps, et en font de grandes provisions : on sait que l’on a retrouvé cet usage chez une infinité de peuplades sauvages.

M. Lalande m’a assuré que cette substance, primitivement noire, devient rouge à l’air ; les échantillons qu’il a rapportés ressemblent à une sanguine schisteuse : elle polit l’argent avec une perfection remarquable. On connaît d’autres ocres rouges en Afrique, car les pipes du Sénégal, de l’Arabie, etc., qui sont très-peu cuites, sont d’un assez beau rouge, et l’on sait qu’elles se fabriquent dans le pays.

Plusieurs naturels des îles océaniques ont été trouvés la tête couverte d’une espèce de calotte d’ocre rouge. (Voyage de Peron, Atlas.)

Le rouge indien que l’on apporte de l’île d’Ormuz, dans le golfe Persique, est encore un ocre rouge naturel dont on fait usage en peinture.

La couleur des ocres jaunes est assez constante pour qu’elle puisse servir de terme de comparaison ; en effet tout le monde connaît cette teinte particulière qui leur est propre, et que l’on ne saurait comparer avec justesse aux autres substances colorées qui nous entourent.

Les ocres jaunes de bonne qualité sont assez rares, et les couches en sont peu abondantes ; aussi toutes celles que l’on découvre sont exploitées avec succès, car la peinture en fait une grande consommation. Les plus connus et les plus estimés sont en France.

4. Ocre jaune de Vierzon, département du Cher.

On exploite cet ocre dans la commune de Saint-Georges-les-Prés, sur les bords du Cher ; il se rencontre à vingt et quelques pieds de profondeur sous un banc de grès et immédiatement après un lit de sable fin. Les couches ont de six à dix-huit pouces d’épaisseur : on les attaque d’abord par un puits et ensuite par une galerie principale et des chambres latérales.

5. Ocre jaune d’Auxerre.

Le village de Pourrain, à trois lieues d’Auxerre, possède, dit M. Mérat-Guillot, une mine abondante d’ocre qui est exploitée par des particuliers. La plus grande partie de cet ocre est d’un beau jaune et se vend ainsi dans le commerce ; le reste tire sur le brun et est réservé pour préparer l’ocre rouge, ainsi qu’on le dira plus bas.

6. Ocre jaune de Taunay, en Brie.

Le banc de cet ocre n’a guère que huit à neuf pouces d’épaisseur, et il est recouvert, comme ceux de Vierzon, par des couches de grès.

7. Ocre jaune de Bitry, département de la Nièvre.

Sa couleur est très-pâle.

8. Ocre jaune de Moragne, département du Cher.

Ce gîte d’ocre est remarquable par sa grande étendue, qui est de deux kilomètres, et par la faible profondeur où on le trouve : en effet, c’est à deux pieds seulement au-dessous de la terre végétale, immédiatement après avoir dépassé une argile bleuâtre, que l’on rencontre la couche d’ocre, qui repose elle-même sur un banc de sable. (Gourjon de Laverne).

On peut utiliser le dépôt des eaux ferrugineuses qui est ordinairement d’un très-beau jaune et d’une finesse extrême. J’ai fait employer avec succès le dépôt abondant d’une galerie de mine, qui se changeait facilement en ocre rouge par le grillage.

La découverte des ocreries de Bourgogne a fait baisser le prix des ocres à tel point, que celui qu’on payait autrefois 7 fr. 50 cent. à 8 fr. le quintal, se donne aujourd’hui pour 2 fr. 50 cent.

Ce qui distingue particulièrement les ocres d’Auxerre est la faculté qu’ils ont de rougir par la calcination, et de se changer en ocre rouge, connu dans le commerce sous le nom de rouge de Prusse, de rouge de Hollande, etc.; ceux de Vierzon n’ont point cette propriété, et les essais de M. Sage n’ont point eu le succès qu’on avait droit d’en attendre.

La préparation des ocres est assez simple ; à Pourrain en Bourgogne, on suit deux procédés : le premier consiste à laisser sécher sous des hangars l’ocre jaune qu’on retire de la mine, à le pulvériser sous un battoir et à le tamiser avec soin ; dans le second procédé, l’on délaye l’ocre dans un bassin carré ; on le laisse reposer ; on fait écouler l’eau qui se trouve claire, et lorsque le dépôt a pris une certaine consistance, on le divise en masses cubiques d’environ quatre pouces en tous sens, que l’on expédie aux négocians et aux consommateurs.

Quant à la fabrication de l’ocre rouge, l’on a déjà dit qu’on y destine les parties les moins belles de l’ocre naturel, que l’on calcine dans des fours à briques pendant plusieurs jours, ou mieux encore sur le sol de fourneaux à réverbères ; tantôt l’on grille l’ocre concassé tel qu’il sort de la mine, tantôt on chauffe les espèces de pains cubiques ; mais par ce dernier moyen on n’obtient point une couleur égale, et l’on doit préférer le premier (1).

(1) Mérat-Guillot, Journal des mines, t. xv.

Dans les ocrières du Berry, on opère différemment. L’ocre est tendre dans la mine et se laisse facilement couper : après l’avoir retiré, on le fait sécher dans des greniers et on l’expédie de suite dans des futailles : voilà pour la vente en gros ; quant à la vente en détail, on est obligé de le pétrir dans les mains et d’en former des pains de sept à huit pouces d’épaisseur. Il se vend sur place 2 fr. ou 2 fr. 50 cent. le quintal, et s’exporte en Angleterre, en Hollande, en Italie, etc. Il paraît que les Hollandais parviennent à le changer en ocre rouge, ce que nous n’avons pas encore pu faire pour ceux du Berry.

Les ocres jaunes sont employés dans la peinture à la détrempe et dans la peinture à l’huile ; ils servent surtout à donner les premières couches sur les boiseries qui doivent recevoir des couleurs plus chères et plus fines, ou sur celles que l’on peint pour les garantir seulement de l’action des pluies, telles que les poteaux, les barrières, les portes, etc. Ils entrent dans la composition des badigeons, dans celles des pains dont on se sert pour colorer et nettoyer les peaux de chamois, la buffeterie jaune des soldats, etc.

Les ocres rouges se broient à l’huile ou s’emploient à la colle, pour peindre les charpentes, les chariots, les affûts, presque tout le train d’artillerie, et surtout pour passer en couleur les carreaux des appartemens. Celui qui est connu sous le nom de rouge de Prusse, et qui jouit de la teinte la plus vive, se vend 15 et même jusqu’à 30 fr. le quintal. Le rouge d’Almagra est analogue aux ocres grillés ; je crois cependant qu’il est naturel.

9. Ocre de Rhue.

Cet ocre naturel est d’un jaune très-sale qui prend une nuance de rouge sombre par la calcination.

On le tire d’Angleterre et d’Italie. Ce dernier entre par Marseille et se vend 18 à 20 fr. le quintal brut. La terre jaune d’Italie est d’une nuance qui approche du souci ; elle est peu employée dans la peinture, probablement à cause de sa rareté.

10. Terre de Sienne.

Cette terre est un ocre d’un assez beau jaune, dont la finesse est extrême, qui se présente en petites masses, qui se polit avec l’ongle, et dont la surface est recouverte d’une pellicule plus foncée que l’intérieur ; on la tire des environs de Sienne en Italie : elle se vend 8 à 10 sous la livre telle qu’elle sort de la carrière, et 12 à 14 sous quand elle est sèche et préparée.

Cette même terre, grillée, prend une teinte rouge qui a quelque chose de particulier et de transparent : on l’emploie dans tous les genres de peinture, mais particulièrement pour imiter les teintes et les veines de l’acajou. Cette terre de Sienne, brûlée, se vend 1 fr. 50 cent. et 2 fr. la livre. Elle entre par Marseille et Livourne.

11. Terre d’Ombre.

Cette terre est encore une espèce d’ocre ; mais sa couleur bistrée, d’un brun très-foncé, la distingue suffisamment des autres pierres ocreuses dont nous avons déjà parlé.

On assure que la terre d’ombre du commerce, qui est d’un grain très-fin et très-égal, vient de la province d’Ombrie, dans les états romains ; d’autres prétendent qu’elle vient de l’île de Chypre ; mais le fait est qu’on ne sait point au juste de quel lieu on l’extrait.

Viviani en a découvert de très-bonne à La Rochetta, sur le monte Nero, dans les Apennins de la Ligurie ; il l’a fait essayer, on l’a trouvée très-bonne, et cependant on n’a pas donné suite, faute de commandes, à l’exploitation qui en avait été commencée (1). Cette terre, qui doit sa couleur à une forte proportion d’oxyde de fer, est fine et douce au toucher ; elle forme des masses compactes, légères, friables et tachantes ; sa belle couleur brune est très-riche, très-éclatante, et tout fait croire que cette substance ocreuse est due à la décomposition spontanée du jaspe qui compose la masse entière de la montagne : on peut donc présumer, quoique l’analyse n’en soit point encore faite, que cet ocre renferme, comme les ocres jaunes, une très-forte proportion de silice.

(1) Viviani, Voyage dans la Ligurie, p. 15.

Cette terre ayant la propriété d’absorber l’eau avec la plus grande avidité, sert aux peintres en détrempe à essayer les couleurs qu’ils veulent employer afin de connaître sur l’instant même quelle sera leur teinte quand elles seront sèches. Pour cela il suffit de passer légèrement le pinceau sur un morceau de terre d’ombre, et la couleur, en séchant subitement, prend la teinte qui lui est propre.

La terre d’ombre calcinée produit une très-belle teinte de noir-brun.

Comme couleur, elle entre dans la composition des différentes teintes de brun pour la peinture à l’effet, et surtout pour les décorations.

La terre d’ombre nous arrive par Marseille, et coûte brute 18 à 20 fr. le quintal.

12. Terre brune de Cologne ou de Cassel.

Nous avons déjà dit en parlant des combustibles fossiles, t. I, pag. 155, que l’on exploite aux environs de Cologne une espèce de tourbe brune, ou plutôt de lignite terreux qui sert principalement au chauffage et à la fabrication des cendres végétatives ; mais cette même substance, d’une assez belle couleur brune, est employée à peu près dans les mêmes circonstances que la terre d’ombre, c’est-à-dire à fournir de belles teintes brunes dans la peinture à l’effet sur bois ou sur toile. Pendant long-temps les peintres se sont servis du tabac de Hollande comme ayant la propriété particulière de produire une assez jolie nuance de brun. L’on a su depuis que cela tenait tout simplement à ce que les Hollandais sont dans l’usage, pour conserver de la fraîcheur à leurs tabacs, d’y mêler une certaine quantité de terre d’ombre de Cologne. Elle se vend 8 à 10 sous la livre prise sur place.

Un combustible analogue à la terre de Cologne, mais beaucoup plus fixe au feu, ayant été découvert récemment à Auteuil près Paris, par M. Becquerel, a donné à M. Girodet un noir bleuâtre supérieur au noir de pêche ; il prend cette belle teinte après avoir été calciné au rouge dans un creuset.

13. Terre verte de Vérone, ou baldogée.

Cette terre, que l’on extrait au Monte-Bretonico, dépendance de Monte-Baldo, dans le Véronais, sur les bords du lac de Garde, en Italie, est d’un vert foncé qui a une teinte particulière : cette nuance, un peu bleuâtre, la rapproche du vert glauque, mais avec un éclat supérieur qui se développe encore quand on vient à la broyer à l’huile ou à la gomme. Cette couleur, fort estimée, s’emploie dans plusieurs genres de peinture, mais particulièrement dans les fresques et dans l’art d’imiter les marbres par le stuc. Sa teinte verte, jointe à celle de l’orpiment, imite fort bien le bronze antique et ses frottis.

On trouve la terre verte dont il s’agit disséminée dans un grand nombre de roches différentes, mais en trop petite quantité pour qu’il soit possible de l’exploiter. Jusqu’à présent ce n’est qu’au Monte-Baldo qu’il s’en est trouvé un dépôt suffisant pour devenir le sujet d’une extraction suivie. Les travaux consistent en plusieurs galeries qui se communiquent et qui présentaient, il y a quelques années, un développement d’un mille environ. Faujas regardait la baldogée, dont il avait visité le gissement, comme étant le produit d’une roche felspathique décomposée : les naturalistes la considèrent cependant comme une simple variété de talc ; mais l’analyse de Meyer, qui n’y a trouvé que de l’alumine et de la silice avec du fer et du manganèse, sans magnésie ni potasse, semble appuyer l’opinion de Faujas. La terre de Vérone du commerce est douce et savonneuse au toucher : on la vend en petits morceaux qui paraissent avoir été triés avec soin, à raison de 1 fr. 50 cent. et 2 fr. la livre ; elle entre en France par Marseille.

14. Terre verte de Hollande.

La terre verte de Hollande est une substance graveleuse et argileuse, dont la couleur est d’un vert jaunâtre, et dont la consistance est celle d’une argile maigre et sèche au toucher. J’ignore absolument de quelle contrée on la tire, car sa dénomination trop vague ne me persuade point qu’elle vienne réellement de Hollande : cette couleur, assez riche, ne se trouve pas à une grande profondeur, puisqu’on rencontre souvent de petites racines au milieu même des morceaux que l’on achète chez les marchands. Lorsqu’elle est lavée et préparée, on la fait entrer dans les chairs de la peinture à l’huile ; elle sert aussi dans la peinture commune et à l’effet, dans les décorations, etc.: on la vend brute 8 à 10 sous la livre. Je crois que le vert de montagne est une terre analogue à celle de Vérone ou à celle de Hollande.

15. Talc de Venise et craie de Briançon.

La substance qui est connue dans le commerce sous ces différentes dénominations, est un minéral d’un blanc nacré légèrement coloré en rose ou en jaune, dont le toucher est doux et savonneux, et qui est assez tendre pour se laisser rayer avec l’ongle et tailler avec un canif. Cette substance, dans l’état naturel, sert aux tailleurs d’habits pour tracer leurs coupes ; mais quand elle est pulvérisée, broyée, et réduite en pâte fine, on en compose des crayons colorés que l’on nomme pastels : c’est aussi le talc de Venise qui sert de base au fard des femmes ; mais il a l’inconvénient de rendre la peau luisante et d’en altérer sensiblement la fraîcheur ; le rouge de Carthame est le principe colorant de cette préparation.

Les villes de Venise et de Briançon ne sont que les entrepôts du talc blanc qui nous occupe. Celui de Briançon vient de la montagne Rousse, qui communique de Fenestrelles à Javin. Le hameau de Brailly, vallée de Saint-Martin, en fournit aussi. Celui de Venise y est apporté des montagnes de Saltzbourg et du Tyrol, mais l’on en trouve également en Saxe et en Silésie. La craie de Briançon se vend à Paris 6 à 7 sous la livre.

16. Lazulite Outremer.

Le beau bleu d’outremer s’extrait du minéral nommé lapis. Cette pierre, que nous supposerons être de première qualité, est d’un bleu d’azur foncé et brillant à la fois. Les acides minéraux la décolorent et la réduisent en gelée. Une chaleur modérée ne l’attaque point, mais quand elle est poussée à l’excès il en résulte une fritte grisâtre.

Le lapis du commerce, même celui que l’on peut regarder comme le plus pur, n’est point homogène ; il est toujours associé à plusieurs substances blanches et à des points brillans que l’on a pris pour des paillettes d’or. Sa pesanteur spécifique est de près de trois fois égale à l’eau, c’est-à-dire d’environ 200 livres le pied cube.

Le lazulite a dû nécessairement fixer l’attention des voyageurs par sa belle couleur, celle des artistes par le brillant poli qu’il est susceptible de recevoir, et enfin les chimistes n’ont point dû rester indifférens sur la nature de cette substance, et ont dû chercher à connaître quel était le principe colorant d’une si belle matière ; cependant jusqu’à présent leurs travaux n’ont jeté aucun jour sur cette question, car les analyses de MM. Clément et Desorme, en éclairant d’une manière très-satisfaisante sur les principes constituans du lazulite, ne nous ont rien appris sous le rapport de sa couleur. Ces habiles chimistes l’ont trouvé composé de :

Silice . . .34
Alumine . . .33
Soude . . .22
 89

Les 0,03 de soufre, les 0,024 de chaux, et les 0,015 de fer, peuvent et doivent même être considérés comme principes accessoires et additionnels ; d’où il résulte que la belle couleur bleue de l’outremer ne paraît point être due à une substance métallique.

Avant de préparer l’outremer à la manière de MM. Clément et Desorme, on essaie le lazulite en le faisant chauffer et en le plongeant tout rouge dans le vinaigre ; s’il n’éprouve aucune altération dans sa couleur par une chaleur modérée, il est regardé comme bon. Alors on le fait rougir à plusieurs reprises, en le plongeant dans le vinaigre à chaque fois. Cette opération le rend facile à pulvériser, et permet qu’on le réduise en poudre impalpable. De la résine, de la cire, de l’huile de lin cuite, composent, avec la poudre de lapis, une espèce de pâte (1) que l’on met dans un linge, et que l’on pétrit sous l’eau, qui bientôt se colore en bleu par la suspension de l’outremer qui passe à travers le linge.

(1) Le peintre genevois Topffer employait simplement du suif pour former cette pâte avec le lapis pulvérisé.

Avant que l’outremer commence à se détacher, il sort de la pâte une substance grisâtre qui force à jeter la première eau. Vient ensuite l’outremer de première qualité, qui est le plus chargé en couleur. On le sépare pour ne point le mêler à celui qui lui succède, dont la teinte va toujours en s’affaiblissant jusqu’au moment où le bleu est tellement pâle qu’il ne reçoit plus des artistes que le nom de cendres. Ces outremers de basses qualités sont cependant encore fort recherchés pour les chairs.

L’outremer se distingue du bleu de Cobalt ou bleu d’émail, en ce qu’il blanchit dans l’eau-forte, tandis que l’émail bleu pulvérisé n’y perd point sa couleur ; l’épreuve de la pelle rouge est nulle, puisque l’un et l’autre s’y soutiennent parfaitement.

Le lapis outremer se trouve à la Chine, dans l’Inde, en Perse, etc.; sa rareté en soutient la valeur, et par suite celle de l’outremer, aussi s’est-il vendu jusqu’à 400 fr. l’once ; mais il y a quelques années, un vaisseau revenant des Indes, ayant jeté son lest en arrivant à Londres, on s’aperçut qu’il était entièrement composé de lazulite ; il fut vendu à vil prix, se répandit en France et en Italie, où il a été traité pour en retirer l’outremer ; par suite de cette heureuse rencontre, le prix de cette couleur a beaucoup baissé, car l’on a aujourd’hui de bel outremer, de première qualité, à 120 ou 125 fr. l’once.

A Paris, M. Bellony fabrique d’excellent outremer avec les débris du lapis qu’il emploie dans ses mosaïques.

L’outremer est la couleur la plus inaltérable et la plus brillante que l’on connaisse ; les tableaux de l’enfance de l’art attestent son extrême solidité qui contraste avec les autres couleurs affaiblies par le temps. Les anciens n’ont point connu l’outremer ; ils préparaient un bleu vitreux avec le cuivre, et avec le cobalt qui était aussi très-fixe et très-brillant. Mais notre bleu de Thénard surpasse tout ce que l’on a fait en ce genre. (Voy. cobalt.)

Il ne faut pas confondre l’outremer avec un certain minerai de cuivre d’un assez beau bleu, que l’on nomme bleu de montagne, et que l’on prépare en Tyrol. Cette couleur noircit au moindre feu et colore l’eau-forte en vert. (Voy. cuivre carbonaté bleu.)

Le fer phosphaté, qui est d’un bleu sombre, a été quelquefois employé dans la peinture à la détrempe des plus communes. Il devient noir dans l’huile.

17. Orpin, ou orpiment.

L’orpin est un sulfure d’arsenic qui est très-dangereux à employer ; sa teinte brillante et dorée l’a fait rechercher pendant long-temps pour peindre les caisses de voiture, mais aujourd’hui on le remplace avantageusement par le jaune minéral, couleur artificielle qui a le plomb pour base. Le jaune de Naples est aussi un produit de l’art. L’orpin se vend de 1 à 3 fr. la livre, suivant son degré de pureté. Il nous arrive du Levant par Marseille. Les peintres chinois s’en servent pour esquisser sur les laques les dessins qui doivent être dorés, et tout nouvellement on l’a employé en France pour la teinture des toiles imprimées. (Consultez la table pour ses autres usages.)

18. Cinabre.

La plus grande partie du cinabre que l’on emploie en peinture est le résultat d’une opération par laquelle on combine du soufre avec du mercure ; mais comme cette substance du rouge le plus vif se trouve quelquefois dans la nature sous la forme d’une poudre excessivement fine, et qu’elle peut se broyer immédiatement à l’huile, ou à la gomme, elle doit trouver ici sa place, quoiqu’on en ait déjà parlé en traitant des minerais de mercure.

Le cinabre naturel est employé à la Chine et au Pérou ; il se distingue des autres couleurs minérales rouges par sa teinte vive, et surtout parce qu’il se volatilise au feu du chalumeau.

19. Chromate de plomb, ou plomb rouge.

Cette substance, excessivement rare, ne s’est encore trouvée que dans la seule mine de Bérézoff en Sibérie ; sa couleur, d’un beau jaune orangé, est excessivement brillante ; quelques peintres russes en ont fait usage ; mais la substance naturelle est devenue si chère et si rare que l’on a eu recours au chromate de plomb artificiel, qui est aussi du plus beau jaune, et qui est fixe comme la plupart des couleurs métalliques. (Voy. plomb chromaté.)

Telles sont les couleurs naturelles que les minéraux fournissent à la peinture, dans l’état où on les trouve au sein de la terre ; quant à celles qui sont les produits de l’art et qui proviennent aussi du règne minéral, elles ont été citées à la suite des métaux qui leur servent de base.

Le tableau suivant offrira la récapitulation de ces couleurs minérales, soit qu’elles proviennent des minéraux eux-mêmes, soit qu’elles fassent partie des produits chimiques.

Nous ferons observer avec MM. Chaptal et Devy, qui ont examiné la nature des couleurs que les anciens employaient dans leurs peintures, que ces couleurs étaient infiniment moins nombreuses que celles qui couvrent la palette de nos artistes modernes.

M. Chaptal examina par les agens chimiques la nature de sept pots de couleurs trouvés à Pompéia dans une boutique appartenant aux ruines de cette ville antique : de ces sept couleurs, quatre étaient naturelles et les trois autres composées. Les premières étaient des oxydes de fer (ocres) et de la terre verte de Vérone ; les autres étaient des frittes bleues colorées par du cuivre, et la dernière enfin d’un assez beau rose, lui parut être une espèce de laque.

M. Devy a opéré non-seulement sur des échantillons enlevés à des fresques antiques, mais aussi sur des pots de couleurs trouvés dans un caveau des bains de Titus, à Rome, ouvert en 1812. Trois de ces couleurs appartenaient aux oxydes de fer (ocres), diversement colorés en rouge : une autre était un assez beau minium ou oxyde de plomb rouge. Parmi les couleurs détachées de dessus les fresques, le chimiste anglais a reconnu que tous les jaunes appartenaient aux ocres plus ou moins mélangés de craie ou de minium ; que l’orpin et le massicot s’y rencontrent rarement ; que les bleus sont des frittes de cuivre plus ou moins mélangées de craie. Quant au bleu de cobalt, les anciens s’en servaient pour préparer une espèce de smalt, pour colorer les dez de leurs mosaïques, et les Egyptiens l’ont employé pour décorer les boîtes de leurs momies. Les verts appartenaient à la terre de Vérone et au vert de gris ; les bruns à des ocres purs ou mélangés d’oxyde de manganèse ; les noirs à des matières charbonneuses. Quant aux blancs, ils se sont trouvés être le plus souvent de la craie ou de la céruse.

On sait d’ailleurs que les Egyptiens et les Grecs connaissaient l’art de dorer, et que l’art de l’émailleur leur était familier. Enfin, dans les temps du moyen âge, où vivait Albert Durer, on découvrit l’art de peindre sur verre, et par conséquent de colorer cette matière par les oxydes métalliques. Quelques vitraux gothiques échappés au vandalisme attestent le degré de perfection où l’on était parvenu dans ce genre de peinture, et peuvent faire regretter encore qu’il ait été totalement abandonné.

Les laques, le carmin, la cochenille, la garance, l’indigo, le bleu de Prusse, le vert de vessie, la gomme gutte, le jaune de fiel, le bistre, le sépia, le noir de pêche d’ivoire, et une foule d’autres couleurs ou de teintures, sont étrangères au règne minéral, et appartiennent tantôt aux végétaux, tantôt aux animaux.

Quant aux minéraux accessoires à la peinture, tels que le verre noir volcanique employé à faire des miroirs pour les paysagistes ; le succin, qui entre dans la composition de certains vernis avec l’huile de naphte, la pierre-ponce, qui sert à unir les premières couches que l’on étend sur les boiseries, le porphyre, le liais et les grès qui servent à broyer ; ils sont décrits dans les divisions où ils remplissent des rôles plus importans (consultez la table).


pp. 478–480

TABLEAU
DES PRINCIPALES COULEURS MINÉRALES EMPLOYÉES DANS
TOUS LES GENRES DE PEINTURE.


BLANCS.

Blanc de chaux (tom. 2, page 193).
– – de craie (t. 2, p. 451).
– – de céruse (c’est un oxyde de plomb, voy. t. 1, p. 439).
– – de zinc (c’est un oxyde de zinc nommé cadmie, t. 1, p. 111 ; il ne noircit point à l’air).
– – de bismuth (c’est le blanc de fard, voy. t. 1, p. 652).
– – de baryte (introduit par falsification dans le blanc de céruse).

BLEUS.

Bleu d’outremer (tom. 2, p. 470).
– – de Thénard (phosphate de Cobalt, voy. t. 1, p. 677).
– – de smalt (c’est le verre bleu pulvérisé, voy. t. 1, page 673).
– – de montagne (t. 2, p. 456).
– – cendres bleues (c’est le résidu de la fabrication de l’outremer, voy. t. 1, p. 475).

VERTS.

Vert de gris (c’est le produit du cuivre traité par le vinaigre ou le marc de raisin, voy. t. 1, p. 474).
– – verdet (c’est l’acétate du cuivre cristallisé, voy. t. 1, page 474).
Vert de schèele, ou cendres vertes (c’est une préparation particulière du cuivre, voy. t. 1, p. 474).
– – de chrome (c’est l’oxyde de chrôme extrait du chromate de fer et de plusieurs autres minerais, voy. t. 1, page 687).
– – terre verte de Vérone (voy. t. 2, p. 467).
– – terre verte de Hollande (voy. t. 2, p. 468).

JAUNES.

Jaune de chrome (c’est le chromate de plomb naturel ou factice, voy. t. 2, p. 474, et t. 1, p. 687).
– – minéral (c’est un produit de l’art provenant de la fusion de la litharge et de plusieurs sels, voy. t. 2, pag. 474).
– – orpin (voy. t. 2, p. 473).
– – mine orange (c’est un oxyde de plomb artificiel).
– – massicot (c’est un oxyde de plomb artificiel).
– – de Naples (c’est un produit de l’art, qui a l’antimoine pour base).
– – ocre jaune (voy. t. 2, p. 459).
– – ocre de rue (voy. t. 2, p. 463).
– – de Sienne (voy. t. 2, p. 463).

ROUGES.

Rouge de Prusse (voy. t. 2, p. 461 et 463).
– – de Hollande, etc. (voy. t. 2, p. 461).
– – d’Almagra (voy. t. II, p. 463).
– – de Saturne (c’est un oxyde de plomb, voyez tom. 1, page 439).
– – de minium (c’est un oxyde de plomb, voy. t. I, page 439).
Rouge de Cinabre (c’est un sulfure de mercure, voy. tom. 1, pag 529, t. 2, p. 474).
– – de vermillon (idem naturel ou artificiel, voy. t. 1, pag. 530).
– – de réalgar (c’est une sulfure d’arsenic, voy. t. 1, page 662).
– – pourpre de Cassius (c’est l’oxyde d’or employé sur la porcelaine, voy. t. 1, p. 601).

BRUNS.

Terre d’ombre (voy. t. 2, p. 464).
– – d’Italie (t. 2, p. 464).
– – de Sienne brûlée (t. 2, p. 464).
– – de Cologne (t. 2, p. 466).
– – de Cassel (t. 2, p. 466).

NOIRS.

Noir de fumée minéral (c’est un produit de la combustion de la houille ; on en fabrique aussi avec des matières animales et végétales).

Toutes ou presque toutes les couleurs employées dans la peinture sur verre, sur émail et sur porcelaine, sont des oxydes métalliques ; l’or, le platine et l’argent s’emploient même à l’état de métal ; l’or en coquille n’est autre chose que des feuilles d’or broyées avec du miel, du vernis, de l’eau gommée, etc. Quant à l’or mussif employé pour bronzer, c’est un sulfure d’étain artificiel qui est jaune et brillant comme le bronze poli.