Diderot – Jaucourt 1765/VIII
[Denis Diderot – Louis Jaucourt (edd.)], Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers VIII (H–IT), Neufchastel [Samuel Faulche & Compagnie, Libraires & Imprimeurs] 1765.
p. 476
JAUNE DE NAPLES. (Peinture.) Le jaune de Naples est une pierre seche, & trouée comme nos pierres communes que l’on met dans des fondations avec la chaux & sable pour faire corps ensemble ; elle est cependant friable. Elle se tire des environs du mont Vésuve, proche Naples, & participe beaucoup du soufre ; elle a un sel très-âcre, que l’on ne peut lui ôter qu’en la faisant tremper dans de l’eau, & la changeant d’eau tous les jours ; malgré cela le sel pénetre au travers de la terrine, & paroît tout blanc au-dehors ; il faut aussi la réduire en poudre avant de la mettre tremper, & lorsqu’on la broye sur le porphyre, ne point se servir de couteau de fer pour la ramasser, parce que le fer la fait verdir & noircir ; mais on se sert pour cela de couteau de bois de châtaignier, cette couleur est très-bonne à l’huile comme à l’eau.
