Jaucourt 1765c

Louis de Jaucourt, Terre verte, in: [Denis Diderot – Louis de Jaucourt (edd.)], Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers XVI (TE–VENERIE), Neufchastel [Samuel Faulche & Compagnie, Libraires & Imprimeurs] 1765, p. 174.


TERRE VERTE, (Hist. nat. des fossiles.)​ nom d’une terre dure, d’un verd bleu foncé, qu’on trouve par couches de grands morceaux plats qui ont quatre ou cinq piés de diametre ; on les casse irrégulierement en les coupant, ce qui fait qu’on nous l’apporte en pieces de différentes grosseurs. Cette terre est lisse, luisante, douce au toucher, & semblables à quelques égards au morochtus ; elle s’attache fermement à la langue, ne teint point les mains en la maniant, mais en la frottant sur un corps dur, elle y imprime une rayure blanchâtre qui tire sur le verd ; elle ne fermente point avec les acides, & prend en la brûlant une couleur brune foncée. On la fouille dans l’île de Chypre, dans le voisinage de Vérone & en plusieurs endroits de ce royaume ; on l’emploie beaucoup pour la peinture, sur-tout la peinture à fresque, parce qu’elle donne un verd durable, & qu’on la mêle utilement avec d’autres couleurs. (D. J.)