Recueil de planches 1814/II
Recueil de planches du Dictionnaire de Chimie et de Métallurgie, faisant partie de l’Encyclopédie Méthodique par ordre de matiéres II (Métallurgie), Paris [Mme. veuve Agasse] 1814.
pp. 13–15
PLANCHE X.
FOURNEAU A FONDRE LE COBALT POUR EN FAIRE DE L’AZUR, tome IV, page 33.
Comme on n’a traité l’article COBALT que dans la partie chimique, nous allons dire un mot du traitement métallurgique, avant de donner la description de ce fourneau.
Les minerais de cobalt sont grillés dans un fourneau de réverbère auquel on a adapté une longue cheminée; on les pulvérise et on les mêle avec du quartz, de la potasse, de l’azur impur provenant des opérations précédentes, et un peu de farine d’arsenic.
On détermine, d’après des essais, la quantité de quartz que l’on mélange avec le cobalt: cette quantité varie en raison de la richesse du cobalt et de la couleur que l’on veut obtenir.
Le mélange se met dans des creusets placés dans un four analogue aux fourneaux de verrerie, et l’opération du fondage est absolument la même, avec cette différence, que les creusets y durent beaucoup plus long-tems, parce qu’ils n’y éprouvent pas une chaleur aussi forte.
Dès que le verre est fondu, on le retire avec des cuillers de fer, et on le jette dans des cuves pleines d’eau; on recharge ensuite les creusets avec la même composition.
Après son extinction dans l’eau, ce qui rend le verre très-friable, on le pile à sec sous des bocards; on le tamise et l’on passe sous une meule horizontale, placée dans une tonne pleine d’eau, la farine de cobalt que l’on a obtenue; lorsqu’elle est suffisamment broyée, on verse dans une cuve l’eau et l’azur qu’elle tient en suspension; les parties les plus grossières se précipitent d’abord, et l’eau chargée d’azur plus fin est transvasée dans d’autres cuves où il se précipite.
La poudre d’azur, encore humide, est portée dans une étuve où elle se sèche et s’aglutine; alors on la pile de nouveau, on la tamise, et on la verse dans le commerce.
Le fourneau dont nous allons faire connoître les détails est celui que l’on emploie à Schneeberg en Saxe.
Figure 1re. Plan du fourneau pris à la hauteur du sol.
A. Massif en maçonnerie élevé à six pouces au-dessus du rez-de-chaussée.
B. Cercle de fer qui lie ce massif.
C. Pilier de maçonnerie pour porter la voûte du fourneau.
D. Passage des creusets dans le fourneau: les cercles ponctués désignent l’épaisseur des murs au-dessus de ces passages.
E. Escalier pour descendre jusqu’au sol des cendriers, et pour mettre le bois dans la chauffe.
F. Porte de la chauffe qui se trouve plus bas, et ponctuée ainsi que toute la longueur de la chauffe.
G. Trou par lequel passe la flamme dans le fourneau; on y a indiqué la totalité du dessus de l’un des arceaux, et une partie de deux autres avec l’espace qui les sépare: ces arceaux servent de grille pour porter le bois dans la chauffe.
H. Massif de maçonnerie pour servir de base à un autre fourneau pour sécher le quartz ou sable cristallin.
I. Escalier qui descend jusqu’au cendrier, et par où l’on retire les braises; il sert en même tems de soupirail ou de passage à l’air pour animer la flamme; ce passage se ferme en tout ou en partie avec une porte de fer, lorsque le courant d’air est trop fort.
Figure 2. Plan du fourneau à la hauteur de la partie supérieure des creusets.
A. Massif de maçonnerie.
B. Piliers qui supportent la voûte.
C. Plaques de fer.
D. Petites portes par lesquelles on entre et sort la matière des creusets; elles servent aussi pour le passage de la fumée et de la flamme; on les bouche en partie avec une brique.
E. Creusets pour la fonte des matières; ils sont placés dans des embrasures qui leur sont destinées.
F. Briques posées sur le bord des creusets; elles sont destinées à rompre la flamme qui vient frapper contre; elles l’obligent à circuler tout autour: il y a sur une de ces briques trois petits creusets d’essais, contenant différens mélanges, pour s’assurer si la couleur qui en provient, est belle et conforme à l’échantillon demandé.
G. Ouverture ménagée dans l’une des pierres, par où passe une partie de la flamme pour sécher le quartz cristallisé et pulvérisé.
H. Murs du fourneau où l’on met sécher le quartz.
I. Intérieur du même fourneau.
L. Porte de ce fourneau.
Figure 3. Coupe du fourneau sur la ligne A’ B’.
A. Massif du fourneau au-dessus du rez-de-chaussée.
B. Piliers qui portent la voûte.
C. Voûte du fourneau supportée par six piliers semblables à ceux que l’on voit en B.
D. Lit de terre et de sable qui couvre la voûte, afin de lui donner plus de solidité et de procurer plus de chaleur lorsque le fourneau est échauffé.
E. Creuset que l’on voit dans son embrasure dans la partie postérieure du fourneau.
F. Autres embrasures semblables à la précédente, mais vues de côté avec deux autres creusets.
G. Ouvreaux, espèces de petites portes par lesquelles on met et l’on retire les matières des creusets; elles servent également au passage de la flamme.
H. Chauffe dans laquelle on met le bois.
I. Ouverture par laquelle la flamme passe du foyer dans le fourneau.
K. Arceaux qui servent à porter le bois placé dans la chauffe, et entre lesquels on a conservé des intervalles pour le passage des braises.
L. Cendrier qui reçoit les braises.
M. Ouvertures par où passent la flamme et la chaleur destinées à sécher le quartz pulvérisé.
N. Intérieur du fourneau servant à sécher le quartz.
O. Cheminée.
Figure 4. Elévation du fourneau dans le sens de sa longueur.
A. Massif de maçonnerie au-dessus du rez-de-chaussée.
B. Cercle de fer qui lie ce massif au-dessus du rez-de-chaussée.
C. Cendrier.
D. Porte de la chauffe.
E. Portes par lesquelles on fait entrer les creusets dans le fourneau; elles se bouchent avec des briques pendant la fonte, pour conserver la chaleur.
F. Ouvreaux, espèces de petites fenêtres servant à introduire les matières dans le creuset, et à les en sortir lorsqu’elles sont fondues.
G. Plaque de fer placée à la hauteur des creusets; l’ouvreau est percé dans cette plaque.
H. Fourneau pour sécher le quartz pulvérisé.
I. Cheminée.
K. Porte par laquelle on met le quartz dans le fourneau.

