Arclais de Montamy 1765

Didier-François d’Arclais de Montamy, Traité des Couleurs en Émail et sur la Porcelaine; Précédé de l’art de Peindre sur l’Email, Et suivi de plusieurs Mémoires sur différents sujets intéressants, tels que le travail de la Porcelaine, l’Art du Stuccateur, la maniere d’exécuter les Camées & les autres Pierres figurées, le moyen de perfectionner la composition du verre blanc & le travail des Glaces, &c., Paris [Guillaume Cavelier] 1765.


Didier-François d’Arclais de Montamy (1702–1765) was a French naturalist and encyclopedist. From his treatise on enamel colours and porcelain painting, we select a chapter on blue pigments, specifically cobalt and smalt. In another chapter, he also discusses Naples yellow. In accordance with the prevailing views of his time, he regarded Naples yellow as a natural pigment obtained from deposits in the vicinity of Vesuvius. In support of this claim, he referred to the results of Vesuvius studies published by P. Giovanni Maria Della Torre (1710–1782) (Della Torre 1755). He was also familiar with the work of the German chemist Johann Heinrich Pott (1692–1777), one of the first to suggest that Naples yellow might not be of natural origin (Pott 1751). However, d’Arclais de Montamy did not adopt this view.


CHAPITRE IV.


Les Rouges & les autres Couleurs
tirées du fer.

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AVERTISSEMENT.

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pp. 78–79

Colcothar de vitirol

« On peut encore tirer de très-beau safran de mars du résidu de la distillation du vitriol ; on en trouve à vendre chez les Apothicaires, sous  le nom de Colcothar de vitriol ; on fait calciner ce colcothar à très-grand feu dans un tesson de pot de grès, sous une moufle ; on le met ensuite dans un grand gobelet de fayance ; on verse de l’eau chaude pardessus ; on agite le tout avec une lame de verre ; on verse tout de suite l’eau qui est colorée dans un autre vase ; on continue de mettre de nouvelles eaux chaudes sur le colcothar, & de les décanter jusqu’à ce qu’elles ne se teignent plus ; on laisse reposer toutes ces eaux teintes, & lorsqu’elles sont claires, on les décante ; on remet de nouvelle eau chaude sur le safran de mars qui est resté au fond du vase, que l’on vuide lorsqu’elle est devenue claire ; on réitere cinq ou six fois cette derniere manoeuvre ; on fait  sécher le safran de mars comme il a été dit ci-dessus, & on le fait calciner avec deux fois son poids de sel marin, en suivant pour le reste la manipulation qui a été indiquée.

Il faut seulement avoir attention de ne pas pousser à un trop grand feu la calcination des safrans de mars avec le sel marin, lorsqu’on veut avoir de beau rouge. »


pp. 121–150

CHAPITRE VI.

Les Couleurs Bleues.

PARMI le peu de procédés qui nous font restés sur la Peinture en Émail, on trouve des auteurs qui recommandent de tirer la couleur bleue de l’argent ; il faut imaginer que celui qu’ils ont employé, n’étoit point exempt de cuivre, & qu’il n’en avoit point été assez purifié, vu que dans toutes les opérations que l’on a faites avec l’argent totalement délivré du cuivre, on n’a jamais pu obtenir qu’une couleur jaune, très-fixe à la vérité, mais sale, d’un ton faux, & qui n’est pas jaune quand on l’emploie. D’autres ont voulu que l’on employât l’outremer ; mais cette couleur est tirée du lapis lazuli, qui est souvent une pierre calcaire, puisqu’elle est attaquable par les acides ; par conséquent sa couleur peut être emportée par le feu, lorsqu’il est poussé au point nécessaire pour parfondre : c’est ce que l’expérience a toujours confirmé toutes les fois qu’on a voulu s’en servir.

Le lapis lazuli, comme M. Margraff l’a prouvé, tient sa couleur bleue du fer ; cette couleur, il est vrai, résiste à un feu médiocre, & aux extinctions dans le vinaigre, que l’on fait du lapis après l’avoir rougi ; mais cette couleur broyée & employée avec trois fois son poids de fondant, ne produit sur l’Émail qu’une couleur verdâtre & terreuse, qui s’altère même lorsqu’on l’expose plusieurs fois au feu.

De plus, quoique le lapis donne quelques étincelles lorsqu’on le frappe avec le briquet, il ne laisse pas d’être facilement attaqué par les acides après avoir été calciné au feu, & alors il se résout en une espèce de mucilage blanchâtre, dont on ne peut plus tirer aucune couleur.

En général, il faut observer que les terres & les pierres colorées donnent dans l’Émail des couleurs qui n’ont ni la pureté ni la vivacité de celles que l’on tire des chaux pures des métaux.

Il reste le saffre & le smalt ou bleu d’Émail ; mais le saffre est une composition faite avec le cobalt, à qui l’on a enlevé l’arsenic qu’il contenoit par la calcination, qu’on a mêlé ensuite avec de la potasse & du sable vitrifiable : on sent bien que l’on ne peut pas essayer de peindre avec ce mélange ; & quand on viendroit à bout de séparer le cobalt calciné, du sable & de la potasse, ou qu’on auroit du cobalt seul que l’on feroit calciner, le cobalt dans cet état est d’un gris noirâtre ; ce qui obligeroit le Peintre d’avoir une palette idéale sur cette couleur, ce qu’il faut tâcher d’éviter.

Le bleu d’Émail est ce même cobalt calciné, mêlé avec de la potasse & du sable ou de la pierre vitrifiable, dont on vient de parler, qui, mis au feu & poussé à la vitrification, donne un beau verre bleu, que l’on écrase ensuite, & dont on fait une poudre très-fine par des lotions ; mais quelque degré de finesse que l’on ait donné à cette poudre, ce n’est jamais que du verre pulvérisé, qui ne coule point aisément au pinceau, & qui ne se mêle point avec l’huile : tous les Peintres lui connoissent ces défauts ; d’ailleurs, ce verre étant très-dur à fondre, il faut lui ajouter du fondant pour l’attendrir, & on est obligé d’y en mettre une si grande quantité, que sa couleur en est considérablement affoiblie.

Puisqu’on ne peut peindre avec du verre, & qu’il faut que les matières, dont on se sert pour peindre sur l’Émail, aient à peu près la même couleur lorsqu’on les emploie, qu’elles doivent avoir après qu’elles auront été parfondues, il faut tâcher de tirer la couleur bleue du cobalt, telle qu’il la donne au verre, sans qu’il soit vitrifié.

Il y a une infinité d’espèces différentes de cobalts, dont chacune contient plus ou moins d’arsenic, de soufre & de quelques portions de différents métaux ; mais nous pouvons nous passer d’entrer dans cette discussion qui regarde les Minéralogistes. Il nous suffit de savoir quelle est l’espèce qui donne le plus beau bleu ; nous nous en tiendrons donc à ce qu’en dit M. Hellot, dans deux Mémoires très-curieux, qui se trouvent parmi ceux de l’Académie Royale des Sciences, ann. 1737, p. 101 & 228. Mais comme il travailloit à trouver une encre sympathique, c’est à-dire, une couleur passagère, & que notre objet est d’avoir une couleur fixe, nous ne le suivrons qu’à quelques égards.

Ce savant Académicien a très-bien remarqué (comme quelques autres l’avoient fait avant lui) que le cobalt qui donne une dissolution rouge dans l’esprit de nitre, est celui dont on tire le plus beau bleu. C’est donc à celui-là que nous nous arrêtons, sans nous embarrasser de savoir si ce cobalt contient une portion de bismuth ou n’en contient pas. Il suffit d’assurer qu’il n’a pas été possible de tirer du bleu de la dissolution des cobalts qui donnoient une autre couleur, & que le bleu qu’on a tiré, a été plus beau & plus vif à proportion que la dissolution étoit d’un plus beau rouge.

Comme on a vu que les mines, dont on tiroit le bleu d’Émail, contenoient toujours de l’arsenic, on a donné le nom de cobalt à toutes celles qui dans la calcination ont produit une fumée blanche qui sentoit une odeur d’ail. Il y a cependant de ces mines qui contiennent beaucoup d’arsenic, & qui ne donnent point du tout de bleu ; & celles qui donnent la plus belle dissolution rouge dans l’esprit de nitre, contiennent ordinairement assez peu d’arsenic. Il est certain qu’il faut chasser cet arsenic ; la façon dont on s’y prend pour cela dans les Manufactures de bleu d’Émail, paroît la meilleure à cause du contact immédiat du charbon ou plutôt de la flamme qui y est employé. Il reste à savoir s’il est absolument nécessaire que la totalité de l’arsenic soit expulsée de la mine. Il y a tout lieu de soupçonner qu’il est même utile qu’il y en soit resté un peu. Linckius, dans sa Dissertation sur le cobalt, rapportée par M. Hellot, dans la traduction de Schlutter, tom. 1, pag. 250, §. 182, dit que la couleur bleue sera plus belle si l’on ajoute de la poudre arsenicale au mélange pour faire le smalt. Il pourroit bien se faire que les cobalts que l’on a cru avoir perdu la couleur bleue pour avoir été trop calcinés, ne manquassent à donner cette couleur que pour avoir perdu tout leur arsenic ; on voit que dans cette supposition il seroit facile de leur restituer cette faculté en leur ajoutant de nouvel arsenic. D’ailleurs, lorsque dans la composition du verre ordinaire on n’ajoute qu’une très-petite quantité d’arsenic, le verre n’en est que plus beau & plus brillant. Cette manœuvre est pratiquée dans toutes les Verreries.

Lorsqu’on n’a pas point assez chassé par la calcination l’arsenic du bon cobalt, la dissolution par l’esprit de nitre, n’en est pas moins rouge ; après l’avoir laissée reposer plusieurs jours, il se forme sur la surface de la liqueur de petits crystaux blancs, qui sont de l’arsenic, & qu’on peut enlever aisément, en passant dessous une lame de verre très-mince.

Comme le succès de cette opération dépend entièrement de la bonté du cobalt, on ne peut apporter trop de précaution pour en avoir de la meilleure qualité, dont on pourra s’assurer par des expériences ; pour cet effet, il faut essayer les différents cobalts en mettant un très-petit morceau de chaque espèce, sans être calcinée, dans de l’esprit de nitre, affoibli par deux tiers d’eau ; & l’on peut travailler avec confiance sur le cobalt, dont l’échantillon donnera une couleur rouge à la dissolution.

Il ne faut pas s’attendre qu’aussitôt que l’on a mis le bon cobalt dans l’esprit de nitre étendu avec 2/3 d’eau, la dissolution qui commence par s’en faire, se trouve rouge dans les premiers moments ; il faut au contraire la laisser agir pendant quelques jours, afin qu’elle prenne cette couleur, en la mettant par intervalles sur les cendres chaudes ; ce n’est qu’après ce temps que la dissolution devient claire & d’un beau rouge ; alors on la décante en prenant garde qu’il ne s’y mêle rien de ce qui reste au fond du vase ; & on verse sur ce résidu de l’eau & un peu de nouvel esprit de nitre que l’on fait digérer par-dessus, comme on a fait la premiere fois, pour tirer encore de la teinture rouge.

« On met toutes ces teintures rouges dans une tasse de porcelaine de la Chine, & l’on y joint alors, comme a fait M. Hellot, sur 6 gros de teinture rouge 1 gros & demi de sel marin, le plus blanc & le meilleur qu’on puisse trouver ; on agite le sel avec un tuyau ou une lame de verre, afin qu’il se dissolve ; on laisse reposer le tout pendant quelque temps ; on décante la liqueur claire, & on jette ce qui a pu rester au fond. On remet la liqueur dans la tasse de porcelaine sur des cendres très-chaudes ; & s’il se fait après quelques heures d’évaporation un peu de dépôt au fond, on a grand soin de décanter encore la dissolution pour jetter le dépôt qui a pu s’y faire.

Lorsque l’évaporation est avancée au point que la dissolution commence à s’épaissir, elle forme des cercles verds sur la tasse à sa surface ; si le cobalt est d’une médiocre qualité, cette couleur verte se communique à toute la dissolution à mesure qu’elle s’épaissit ; c’est alors qu’il faut remuer le tout avec une lame de crystal ou de verre, de peur que la composition ne s’attache au fond de la tasse ; ce verd se change bientôt en rouge, & le rouge en bleu.

Si le cobalt est de la meilleure qualité, tel que celui qui vient d’Espagne, la couleur verte ne paroît point d’abord, non plus que la rouge ; mais la dissolution en s’épaississant, passe tout d’un coup à la couleur bleue la plus forte. On continue de remuer avec la plus grande attention, en détachant tout ce qui tient au fond de la tasse, jusqu’à ce que la composition se soit formée en un sel grené d’un beau bleu. Alors les vapeurs nitreuses sortant du sel en grande quantité, il est à propos de s’en garantir en faisant l’opération sous une cheminée. On continue de tenir le sel sur le feu, & de le remuer jusqu’à ce qu’il devienne presque sec (car il ne faut pas qu’il soit totalement privé d’humidité), c’est-à-dire, il faut qu’il n’exhale presque plus de vapeurs nitreuses. Il ne faut pas presser le feu, sur-tout vers la fin de l’évaporation.

Après que l’on a laissé le sel sur les cendres chaudes pendant une ou deux heures, on retire la tasse, & on l’expose à l’air libre ; le sel y prend un peu humidité & une petite teinte de rouge qui augmente tous les jours, jusqu’à le faire devenir presque cramoisi ; alors on remet la tasse sur les cendres chaudes. Le sel reprend la couleur bleue aussi-tôt que la chaleur s’y fait sentir. Si l’on porte la tasse au nez, on s’apperçoit qu’il s’exhale encore des vapeurs nitreuses ; on remue le sel avec la lame de verre, sans cela, il se mettroit en grumeaux ; on le tient ainsi à une petite chaleur pendant une heure, après quoi on retire la tasse, & on l’expose à l’air de nouveau pendant quelques jours. L’humidité revient & la couleur rouge reparoît, mais plus lentement, & en moindre quantité. On continue d’observer la même manœuvre pendant un mois ou six semaines en exposant le sel alternativement sur les cendres chaudes, & ensuite à l’air froid ; pendant ce temps on s’apperçoit que l’exhalaison des vapeurs nitreuses se fait moins sentir à chaque fois qu’on expose le sel à la chaleur, & qu’à la fin on n’en sent presque plus du tout en portant la tasse sous le nez. On s’apperçoit aussi que l’humidité & la couleur cramoisie reviennent au sel plus lentement à l’air froid.

Par cette manœuvre réitérée on vient à bout d’arrêter la couleur dans la base du sel marin, de façon qu’elle qu’elle peut soutenir l’édulcoration sans qu’elle se mêle avec l’eau : ce qu’elle n’auroit pas manqué de faire si l’on avoit voulu tenter l’édulcoration aussi-tôt après les premieres dessications. Pour être assuré que ce sel est parvenu au point desiré, on peut essayer d’en mettre, au sortir du feu, un peu dans un petit gobelet de crystal ; si l’on voit qu’après avoir versé doucement de l’eau dessus, de façon qu’elle ne surnage le sel que de trois ou quatre lignes, & l’avoir laissée pendant une demi-heure, le sel devient rouge sans qu’il communique aucune couleur à l’eau, on est assuré que le sel est en état de donner la couleur bleue fixe. Si au contraire l’eau se charge de la couleur rouge, il faut continuer d’exposer encore le sel sur les cendres & à l’air froid alternativement pendant quelque temps.

Lorsque par l’essai, dont on vient de parler, on s’est assuré que le sel peut supporter l’édulcoration, sans que la couleur se mêle avec l’eau ; peu de temps après que le sel est retiré de dessus les cendres chaudes on verse doucement de l’eau par-dessus, de façon qu’elle surnage au sel d’environ un pouce ; au bout d’un quart d’heure, on décante cette eau pour en remettre autant de nouvelle ; on réitere cette manœuvre quatre ou cinq fois, & le sel qui étoit bleu devient rouge.

Il arrive très-souvent qu’en faisant chauffer & sécher ce sel rouge, comme on vient de le dire, il ne reprend que très-peu l’humidité de l’air ; alors il faut verser sur ce sel à peu près la même quantité d’eau qu’on y avoit mis d’abord, & remettre de nouvel esprit de nitre, peu à peu, jusqu’à ce qu’on voie que la dissolution se refait de nouveau ; lorsque tout le sel est dissout, on décante l’eau qui a repris la couleur rouge ; on jette ce qui s’est déposé au fond, & l’on recommence l’évaporation, & à mettre le sel en grains, comme on a fait ci-dessus, en observant que ce sel qui devient bleu, ait encore passablement d’humidité lorsqu’on le retire du feu. Le sel devient rouge aussi-tôt qu’il est refroidi. Vingt-quatre heures après on remet la tasse de porcelaine qui le contient, sur des cendres très-chaudes ; alors le sel devient bleu à mesure qu’il sent la chaleur : on prend garde qu’il ne s’attache au fond de la tasse, en le remuant avec une lame de verre à mesure qu’on le fait chauffer. On continue à remettre ce sel sur le feu à différentes reprises, comme on a fait la premiere fois ; on le laisse ensuite quelque temps sans y toucher ; on en prend après un petit essai qu’on met dans un gobelet de verre : on verse un peu d’eau par-dessus ; & lorsqu’on voit que cette eau ne prend point la couleur rouge, ce qui marque qu’elle n’est point enlevée au sel, on décante cette eau, & on en verse de nouvelle, seulement de l’épaisseur d’un ou deux pouces au-dessus du sel ; on réitere cette opération trois ou quatre fois ; on décante ensuite toute l’eau ; on fait sécher la couleur, qui est très-rouge, sur les cendres chaudes ; on finit par la mettre sur un tesson de porcelaine qui ait le moins d’épaisseur possible ; on fait une place au milieu des charbons ardents, de façon que ces charbons soient tout autour & plus élevés que le tesson sur lequel la couleur est placée, sans cependant que le tesson puisse rougir ; dans un instant la couleur rouge se change en une belle couleur bleue, qui ne redevient plus rouge, à moins qu’on ne la garde long-temps ; & alors on lui rend la couleur en l’exposant de nouveau dans les charbons ardents, comme on a déjà fait. Cette couleur employée sur l’Émail avec trois fois son poids du fondant général, fait un très-beau bleu, très-fondant & fort facile à employer.

On ne peut pas dissimuler que ce bleu ne perde beaucoup de sa couleur lorsqu’on le broie sur l’agate avec le fondant & de l’eau, comme on a coutume de faire aux autres couleurs ; mais il y a plusieurs façons de remédier à cet inconvénient ; on peut faire dissoudre dans un peu d’eau de l’indigo ou du bleu de Prusse, & en secouant un peu de cette eau bleue avec le bout du doigt sur la couleur mêlée avec le fondant, afin de les broyer ensemble, la couleur paroîtra, en l’employant, d’un bleu aussi fort & aussi approchant de celui qu’elle aura, après être parfondue, qu’on pourra le desirer ; ces bleus qu’on ajoute à l’eau, se brûlant au feu, ne font aucun tort au fond de la couleur bleue du cobalt, parce qu’ils font brûlés avant que le cobalt & le fondant soient en fonte.

Il y a encore un autre moyen de donner un grand éclat à ces bleus : c’est de mettre avec le fondant & le cobalt, partie égale ou même jusqu’à deux fois autant que l’on a mis de cobalt, d’un très-beau bleu d’azur que l’on vend à Paris sous le nom de bleu d’argent, quoiqu’il n’en soit pas tiré, mais du cobalt dont il n’est qu’une préparation faite avec plus de soin ; cet azur se vend à Paris un écu le gros. Il faut seulement avoir attention d’ajouter un poids égal de fondant au poids que l’on a mis de cet azur, indépendamment des trois parties de fondant que l’on a déjà mis vis-à-vis d’une partie de cobalt. Ce mélange présente à l’emploi une couleur bleue suffisante ; il fond très-bien à tous les feux, & fait sur l’Émail un bleu aussi brillant que le plus bel outremer.

Si l’on s’apperçoit que le bleu de cobalt vienne à rougir en le gardant, c’est une preuve qu’il contient encore trop d’acide nitreux ; dans ce cas on le remet dans l’eau, comme on a déjà fait ; on change l’eau deux ou trois fois ; & après l’avoir fait sécher, on l’expose de nouveau sur un tesson dans les charbons ardents ».

Remarques sur le bleu tiré du cobalt.

Il n’étoit pas difficile de tirer du cobalt la matiere qui donne la couleur bleue dans la vitrification ; les bleus de smalt ou d’azur font très-communs & très-faciles à faire ; mais il falloit ici non-seulement tirer du cobalt la matiere qui donne le bleu, mais encore qu’elle eût cette couleur bleue, sans qu’elle fût entrée en vitrification, afin que le Peintre ne pût pas s’y tromper & en sentît les effets. Il falloit en même-temps que la couleur pût s’employer avec facilité, & qu’elle se mit aisément en fusion ; ces deux qualités ne se trouvoient point dans le bleu d’azur ; on ne pouvoit l’employer aisément, parce que ce n’est qu’une vitrification, & qu’on ne peut peindre avec du verre, quelque peine que l’on ait prise à le broyer.

La quantité de fondant qu’on tentoit d’y ajouter, pouvoit le rendre plus fusible ; mais ce n’étoit toujours que du verre qu’on y mettoit de plus, qui d’ailleurs n’ayant point de couleur lui-même, diminuoit prodigieusement la couleur bleue de l’azur.

La couleur bleue que fournit le cobalt, qui est si belle & si fine quand une fois elle est entrée en vitrification, est très-volatile ; & il est facile de la perdre avant qu’elle y soit entrée. Henckel, Flora Saturn. traduct. Franç. p. 506, dit que lorsqu’on vitrifie du cobalt, on a quelquefois du noir au lieu du bleu, & même que la couleur disparoît tout-à-fait si l’on calcine trop la mine. Il est donc nécessaire qu’il soit resté un peu d’arsenic dans la mine après qu’elle a été calcinée.

Lorsque la mine est calcinée à ce point, on la mêle avec de l’alkali fixe & de la matiere vitrifiable, pour, en mettant le tout en fonte, en tirer un verre bleu dont on fait l’azur ; il paroît que dans cette opération, il faut que l’alkali fixe se soit mis en fusion avant que le feu ait été assez fort pour enlever la terre qui, jointe à l’arsenic qui reste, fournit la couleur bleue ; il faut donc que cette terre ait une grande affinité avec l’alkali fixe, puisque le feu nécessaire à la vitrification de toute la composition, ne l’enleve plus, & que l’alkali fixe qui lui sert de moyen d’union avec la matiere vitrifiable, la porte dans cette matiere en même-temps qu’il la met en fusion.

En suivant ce raisonnement, il paroît qu’il faudroit employer l’alkali fixe pour avoir la couleur bleue du cobalt ; mais il est nécessaire que cette couleur soit sèche pour pouvoir être employée ; & l’alkali fixe est non-seulement susceptible de l’humidité de l’air, mais si l’on tentoit de l’édulcorer, il s’en iroit tout entier dans l’édulcoration, & il n’en resteroit rien d’attaché au cobalt qui pût développer sa couleur bleue ; il falloit donc trouver moyen de joindre la couleur donnée par le cobalt à une base que l’eau ne pût point dissoudre, & emporter par les édulcorations ; le sel marin a paru d’autant plus propre à remplir ces conditions, que personne n’ignore que sa base est alkaline ; & d’ailleurs, qu’en se joignant aux autres acides lorsqu’elle en trouve, elle forme des mixtes, qui par-là deviennent beaucoup plus fusibles.

On va voir cependant qu’il est absolument nécessaire qu’après les différentes dissolutions, évaporations, &c. que l’on est obligé de faire pour parvenir à la couleur desirée, il reste encore un peu d’acide nitreux dans la couleur.

Si après avoir dissout du cobalt par l’acide du nitre, avoir évaporé la dissolution à siccité, l’avoir édulcorée on met sur ce résidu de l’acide du sel marin, la dissolution qui se fera sera verte, parce que ce cobalt ne contient plus d’acide nitreux ; puisque si l’on ajoute tant soit peu d’acide du nitre sur l’esprit de sel, il se fait une eau régale qui rend la dissolution rouge ; & comme on a vu dans les manipulations précédentes que pour avoir une couleur bleue dans le résidu, il falloit qu’il fût rouge quand, en dernier lieu, on l’expose au feu au milieu des charbons ardents ; il faut donc que dans ce temps-là il y reste encore un peu d’acide nitreux pour que le phlogistique des charbons puisse lui donner la couleur bleue.

C’est sur ce principe que l’on se fonde ; lorsque par malheur on a poussé l’évaporation de l’acide nitreux trop loin, on voit que la couleur du résidu ne devient pas bleue dans les charbons ardents ; on en est quitte alors pour mettre de nouveau de l’esprit de nitre & de l’eau sur ce résidu, jusqu’à ce qu’il soit entièrement dissout, & il faut recommencer l’évaporation & les dessications de la matiere, comme on a fait la premiere fois, en suivant ce qui est décrit dans les manipulations ; il faut même moins de temps & de dessications dans cette seconde opération que dans la premiere, pour amener le résidu au point où il doit être ; c’est-à-dire, pour ne se point dissoudre dans l’eau dans laquelle on l’édulcore, & pour prendre la couleur bleue dans les charbons ardents.

On a vu qu’il falloit employer des dessications de la couleur à différentes reprises & pendant long-temps, afin de chasser toujours à chaque dessication un peu de l’acide nitreux qui est en trop grande quantité, & que l’acide de l’air, qui est l’acide vitriolique, s’insinuât un peu dans la couleur à chaque fois, & la réduisît par ce moyen au point de n’être plus emportée par l’eau dont on se sert pour l’édulcorer.

On voit que c’est le phlogistique fourni par les charbons ardents, qui change la couleur rouge du résidu en bleu ; mais le phlogistique des charbons n’est arrêté dans le cobalt qu’autant que le cobalt conserve sa chaleur ; cette couleur se dissipe à mesure que le cobalt se refroidit, au point de redevenir rouge comme il étoit avant d’avoir été mis au feu ; il faut donc, dans le résidu rouge du cobalt, une substance qui y fixe le phlogistique des charbons ardents, si l’on veut qu’il garde la couleur bleue ; c’est ce qu’on obtient par l’acide vitriolique répandu dans l’air, lorsqu’on est venu à bout d’y en fixer une certaine quantité par les différentes dessications, par la raison que cet acide est très-avide du phlogistique, & qu’il le lâche difficilement quand il l’a une fois saisi.

C’est par cette raison que pour faire du smalt ou de l’azur, on préfere la potasse aux autres alkalis fixes, parce qu’elle contient un peu d’acide vitriolique.

Si l’on ne met qu’une petite quantité de sel marin dans la dissolution du cobalt qui donne du rouge, on aura par la dessication un résidu rouge, qui à la chaleur ne donnera point la couleur bleue ; mais si l’on ajoute une dissolution de sel marin, la couleur bleue paroîtra dans la dessication ; ce qui prouve bien que cette couleur bleue est dûe à la juste combinaison de l’acide nitreux avec l’acide marin, couleur qui ne s’y trouve enfin fixée que parce que l’air a fourni d’acide vitriolique, qui y arrête le phlogistique donné par les charbons ardents, au milieu desquels on expose la matiere en dernier lieu.

OBSERVATION de l’Éditeur.

MALGRÉ les détails où notre Auteur vient d’entrer sur le bleu que l’on tire du cobalt, il reste encore bien des choses à desirer sur cet article ; & nous savons que M. de Montamy se promettoit de faire une suite d’expériences pour constater la vraie nature du cobalt, qui fait aujourd’hui un sujet de dispute entre les Chymistes ; les uns le regardent comme un demi-métal, & se fondent sur le régule que l’on en obtient ; d’autres regardent ce régule comme une combinaison particuliere du fer avec l’arsenic. Quelques expériences faites par de très-habiles Chymistes, semblent confirmer également ces deux sentiments. M. Rouelle, dont les talents font connus de toute l’Europe, persiste à regarder le cobalt comme un demi-métal particulier, vu que ce célebre Chymiste a tiré ce qu’on appelle le régule du cobalt, du smalt même ou de cette matiere vitrifiée & pulvérisée d’une couleur bleue qui nous vient de Saxe ; d’un autre côté, M. Henckel nous apprend qu’en faisant réverbérer le tiers d’une drachme de limaille de fer pendant un quart-d’heure, il lui fit prendre une couleur d’un violet foncé ; & qu’ayant mêlé cette limaille réverbérée avec un quart de drachme de cailloux blancs pulvérisé & de sel alkali le plus pur, & ayant placé ce mélange dans un creuset bien luté, exposé à un feu violent, il eut un verre de la couleur bleue d’un saphir.

En supposant cette expérience vraie, comme on ne peut gueres en douter, il paroît que la propriété de donner au verre une couleur bleue, appartient au fer, & feroit soupçonner la présence de ce métal dans ce qu’on appelle le régule de cobalt, qui n’est peut-être qu’une combinaison intime du fer avec l’arsenic au point de saturation ; ce qui rend leur union très-forte, & capable de résister à l’action du feu jusqu’à un certain point.

Une autre expérience de Henckel semble confirmer cette idée : il dit qu’en mêlant une partie d’arsenic avec quatre parties de limaille d’acier, & en faisant réverbérer ce mélange pendant trois jours & trois nuits, en commençant par un feu très-doux, on obtient une matiere propre à colorer le verre en bleu. Cette expérience de Henckel a été réitérée par M. de Montamy, qui plaça le creuset, contenant son mélange sous le four où l’on cuit la porcelaine de S. Cloud ; mais le mélange passa au travers du creuset qui avoit peut-être quelque défaut ; depuis, cette expérience n’a point été réitérée, comme il eût été à desirer.

S’il étoit permis de hazarder ici une conjecture que l’on a communiquée à M. de Montamy, mais qu’il n’a pu vérifier, on croiroit qu’en mêlant la limaille de fer avec l’arsenic, dont il faudroit tâtonner les doses, & en la traitant de la même maniere que M. de Montamy a fait avec le sel marin, c’est-à-dire, en mettant une certaine quantité de fer très-divisé, comme il l’est par l’opération qui donne le fer ou safran de mars ou l’Æthiops martial (voyez la seconde Partie) ; ce fer ainsi divisé & mêlé par la trituration avec un quart de son poids d’arsenic, & renfermé dans un fragment de canon de fusil bien luté, & exposé quelque temps au feu des charbons, formeroit peut-être une combinaison intime avec lui, & donneroit une substance semblable à celle qu’on appelle régule de cobalt, & propre comme elle à faire de la couleur bleue.

Cette méthode auroit, en cas de réussite, de grands avantages, vu qu’elle épargneroit l’embarras de se procurer de bon cobalt, ce qui n’est pas fort aisé ; d’ailleurs, elle mettroit à portée de faire du saffre en tout pays, puisque le Chymiste, dans son laboratoire, imiteroit ce que la nature fait en Saxe ou en Espagne dans l’intérieur de la terre. On ose croire que cette conjecture mérite au moins d’être vérifiée à plusieurs reprises avant que d’être rejettée.

Les expériences que M. Cadet a faites sur le cobalt, prouvent que le régule de cobalt est l’arsenic combiné avec une substance métallique, puisque ce régule, poussé au feu pendant long-temps, finit par s’évaporer tout-à-fait, en répandant une odeur d’ail. Voyez les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, année 1760, dans les Mémoires Etrangers.

M. d’Arcet ayant mis du cobalt sur une piece de porcelaine pour essayer de lui donner une couleur bleue, fut très-surpris de voir qu’une partie, après la cuisson, étoit devenue d’un brun foncé, ce qui annonce du fer, tandis que le reste étoit devenu bleu.

D’un autre côté, M. Margraff a prouvé que la couleur bleue qui se trouve dans le lapis lazuli, étoit uniquement dûe au fer, & non au cuivre, comme on l’avoit cru jusqu’ici. Peut-être que cette couleur bleue auroit plus de fixité, & ne disparoitroit point dans le feu, si le fer, qui la produit, étoit intimement combiné avec l’arsenic, comme on a lieu de le présumer dans le Speiss des Allemands, ou dans ce que l’on nomme le régule de cobalt. Toutes ces choses viennent à l’appui de nos conjectures, & doivent engager à examiner si réellement il ne seroit pas possible de faire du cobalt artificiel ; ce qui procureroit beaucoup de facilité à tous ceux qui peignent, soit en émail, soit sur la porcelaine.

M. Lehmann, dans sa Minéralogie, dit que la matiere colorante qui se trouve dans le cobalt, est quelque chose de purement accidentel ; c’est pour cela qu’elle se sépare de la partie réguline, tant par la vitrification, que par d’autres opérations chymiques ; & même si l’on fait fondre à plusieurs reprises le speiss produit par le cobalt avec du sel alkali & du sable, il perd à la fin toute sa propriété de colorer le verre en bleu. Le même Auteur dit encore que l’on peut s’assurer de ce qui entre dans la composition de la matiere réguline du cobalt qui donne le bleu, en faisant fondre ce régule à plusieurs reprises avec de la fritte du verre, & en le remettant de nouveau en régule ; si l’on extrait ensuite la partie cuivreuse par l’alkali volatil, jusqu’à ce qu’on n’ait plus de bleu, & qu’ensuite on dissolve le résidu dans les acides, & qu’on précipite la dissolution, on ne tardera point à appercevoir le fer.

D’un autre côté, M. de Justi dit que si l’on fait calciner le cobalt noir qui donne peu d’arsenic, avec du cobalt gris ordinaire qui contient plus d’arsenic, la couleur bleue en devient plus belle. Le même Auteur prétend que tout cobalt contient du fer, & même de l’argent, ainsi que du cuivre. Il ajoute que la manganèse, qui contient du fer, jointe avec de l’arsenic, & calcinée ensuite, devient propre à donner une couleur bleue au verre.

M. de Montamy présumoit que l’arsenic en entrant dans le verre, y fixoit le phlogistique du cobalt ; il s’appuyoit dans cette conjecture sur ce que le cobalt, calciné au point de ne plus contenir d’arsenic, ne donne plus alors de couleur bleue au verre. Pour vérifier ce fait, il se proposoit de rejoindre de l’arsenic avec le cobalt calciné au point de n’en plus contenir, & de voir si par-là il reprendroit la propriété de colorer le verre en bleu. Il se proposoit aussi de joindre de l’arsenic & du sel marin à de l’émail des quatre feux, pour voir s’il deviendroit plus bleu. Mais la mort est venue interrompre le cours de ses expériences.


pp. 260–263

REMARQUES
Sur le Jaune de Naples.

TOUT le monde convient que le jaune de Naples est une espece de pierre jaune qu’on tire de la terre aux environs de Naples. Cette pierre, dont il y a des especes d’un jaune plus ou moins foncé, est très-poreuse & ne paroît composée que des grains d’une espece de sable jaune, médiocrement liés les uns aux autres, puisqu’on les écrase facilement avec le pilon. Cette matiere ne change point de couleur au feu, & n’est susceptible d’être dissoute dans aucun des acides. Le pays d’où elle vient, fait aisément soupçonner qu’elle doit être la production d’un volcan. Le P. Maria, dans la description qu’il a donnée des matieres produites par le Vésuve, chap. 5, p. 94, & suiv. parle d’une matiere que l’on tire de l’intérieur du Vésuve qu’il appelle il solfo frustato (un soufre usé ou épuisé) qui a beaucoup de rapport avec le jaune de Naples. Suivant le même Auteur, toutes les pierres sorties des volcans sont spongieuses, & la lave même perd de son poids par le temps ; on peut d’autant mieux croire que le jaune de Naples est une production de cette nature que les sels que l’on trouve sur les laves, prennent la couleur jaune au feu ; & les volcans étant très-abondants en fer, on peut regarder le jaune de Naples comme un safran de mars, travaillé d’abord par un volcan, & perfectionné dans sa couleur jaune par le séjour qu’il a fait dans la terre ; ou comme des matieres ferrugineuses à demi-vitrifiées par la chaleur du volcan, & dont la vitrification imparfaite s’est ensuite décomposée par le séjour que ces matieres ont fait dans la terre.

Ces pierres ne contiennent aucun soufre, puisqu’elles n’en donnent aucune odeur lorsqu’on les expose au feu ; la quantité de petits trous dont ces pierres sont remplies, & la facilité avec laquelle on les pulvérise, sont des marques certaines de la perte qu’elles ont faites des matieres qui les rendoient plus compactes, ou qui leur donnoient de la liaison. Il est certain que la pierre friable dans laquelle le jaune de Naples se trouve, semble annoncer une décomposition.

M. Pott prétend que le jaune de Naples contient quelques portions de chaux d’étain. Cependant on ne peut en retirer la moindre partie de ce métal. Cette substance a la propriété de blanchir le verre beaucoup mieux que la manganèse, & de lui ôter parfaitement sa verdeur ; il faut pour cela mêler une partie de jaune de Naples sur cent parties de fritte.

Au premier coup d’oeil on seroit tenté de croire que cette expérience prouve que le jaune de Naples ne contient point de fer ; cependant si l’on réduit cette substance en poudre, en versant dessus un peu d’esprit de vitriol, & en mettant le tout à digérer sur des cendres chaudes ; si l’on filtre la dissolution après l’avoir étendue d’eau, en y versant goutte à goutte un peu d’alkali sulfuré, on voit se précipiter un très-beau bleu de Prusse, qui est un signe indubitable de la présence du fer.

L’ochre d’Italie, qui est d’un très-beau jaune, devient d’un très-beau rouge par la calcination ; quand cette substance a cette couleur, si on la triture avec le double de son poids de sel marin, & qu’on expose le mélange qui est rouge au grand feu dans une capsule, le fer se révivifie sous la forme de petits globules, & la terre reste d’un jaune pâle.