Diderot – Jaucourt 1765/XII

[Denis Diderot – Louis Jaucourt (edd.)],  Encyclopédie,  ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers  XII (PARL–POL), Neufchastel [Samuel Faulche & Compagnie, Libraires & Imprimeurs] 1765.


p. 637

PINCEAU, nom général qu’on donne à tout instrument dont les  Peintres1​  se servent pour appliquer leurs couleurs.

Ce mot vient du mot latin  penicillus, peniculus  ou  penicillum, qui signifie la même chose. Il y a des  pinceaux  de différentes especes & de différente matiere. Ceux dont on se sert le plus ordinairement sont du poil de la queue d’un animal appellé  petit-gris, espece d’écureuil. On en fait de queues de blereau, de putois, de poil de chien ; on en fait de soie de porc, de sanglier, qu’on appelle  brosse. Les  pinceaux  & brosses sont renfermés par un bout dans des tuyaux de plume, & le bout des  pinceaux  se termine en pointe. Lorsqu’on veut de grosses brosses, on les fait, ainsi que les petites, avec de la soie de porc ; mais ne pouvant les enfermer dans un seul tuyau de plume, on en ouvre plusieurs dont on les enveloppe en les assujettissant avec une ficelle ; & quelquefois on lie la soie de porc autour de l’un des bouts d’un bâton appellé  manche  ou  hampe. On fait encore une espece de  pinceau​  ou brosse plate, de poil de porc appellé  tranchit, qui sert beaucoup dans l’architecture & dans les grands ouvrages. Les  pinceaux  pour la mignature sont faits de la même maniere que ceux pour peindre à l’huile, à cela près que leur pointe est plus aiguë.  Voyez les Pl. & les fig.

Pinceau, se dit aussi en parlant des ouvrages d’un peintre. Ce peintre a un beau  pinceau, un  pinceau  savant. Ce n’est pas là de son  pinceau  ; je reconnois son  pinceau  &c.